A chaque rencontre, je découvre une personne unique…

Pourquoi j’héberge ?

Pour une fois, laissons le côté souffrance, maltraitance, conditions d’accueil déplorables, dublin, etc en retrait.

Pour une fois, j’ai juste envie de partager avec vous, le pourquoi j’apprécie ces rencontres au-delà de marquer mon désaccord avec la politique migratoire Européennes, au-delà de ce non-retour à la possibilité de dormir sereinement en laissant des êtres humains dormir sur des cartons, à ce non-retour au temps où je choisissais les personnes pouvant (oui oui je dis bien « pouvant », maintenant je pense « quelle arrogance Dominique »😂😂) m’accompagner dans mon parcours de vie.

A chaque rencontre, je découvre une personne unique avec laquelle parfois le lien se noue directement, parfois il faut des semaines pour un soupçon de confiance, parfois aucuns liens n’arrivent, parfois le lien ne vient que d’un côté, parfois le lien se noue pour se perdre après mais toutes sont enrichissantes.

Ces rencontres sont enrichissantes non pas parce que se sont des migrants, des africains, arabes, musulmans, orthodoxes, chrétiens mais simplement à chaque fois une personne unique et vous, les vnous, en faites partie également de ces rencontres devenues indispensables.

A chacune de ces rencontres, les sentiments qu’elles me renvoient me font poser une multitude de questions sur moi-même. Eh oui, certaines sont légères comme si c’était une évidence, certaines sont exaspérantes, certaines sont douloureuses, certaines sont remplies de couleurs et d’autres sont ternes, certaines vous prennent aux tripes et d’autres vous laissent indifférentes mais toutes ont une raison d’être et surtout celles qui semblent ne pas avoir de place dans ma vie. Je les aime toutes ces rencontres.

Ce que j’apprécie aussi, c’est qu’une grande partie de ces rencontres sont éphémères, quelques heures le temps de recevoir et proposer une nuit de sommeil, quelques jours le temps de remettre sur pieds, un message pour un relais ou récupération d’un objet, une rencontre au seuil d’une maison, une rencontre en centre fermé ou prison et puis parfois ce moment inopiné devient une amitié solide et bienveillante que ce soit avec un vnous ou l’un de vnos protégés.

Au-delà de la souffrance, de l’injustice, de la bienveillance d’un peuple pour « l’inconnu » venu d’ailleurs, quelle belle palette du genre humain il nous est donné de côtoyer en nous permettant de grandir vers l’acceptation de l’autre, vers le non-jugement.

A ceux que je n’ai pas encore rencontré, je vous dis à bientôt 😉