La vie reste belle.

Mardi 7 janvier 2020. C’est l’anniversaire de ma sœur, mais cet aspect est anecdotique.

Mardi 7 janvier 2020, c’est aussi la fête de Noël de nos amis Orthodoxes.

Et le mardi 7 janvier 2020, alors que la rentrée s’est faite en douceur avec les 4 enfants, c’est le soir de la semaine où Val et moi décompensons un petit peu devant « Un si grand soleil » avant d’aller nous mettre au lit, le cul au chaud et le cœur content.

Nous aurons même le temps de nous câliner un peu avant de fermer les yeux. Quelle superbe fin de 7 janvier. Merci la vie.

Fabrice Tonnellier, de son album « Quiétude » entame notre cycle de sommeil / endormissement. Il est 21h45.

Le téléphone sonne. C’est L. Elle est en pleurs. Sur Bruxelles. La Sister House est fermée, et elle est arrivée trop tard. L est accompagnée de 2 amies. Elle me dit qu’elle est blessée, qu’elle est en try depuis 4 jours, qu’elle a besoin de se reposer, de se soigner, et les sanglots au téléphone donnent une impression d’urgence à ce qu’elle raconte.

Val a entendu le ton de voix de L au travers du téléphone et me dit qu’elle descend préparer deux thermos de thé noir et des polars à mettre dans la voiture. Le signal est clair, je me rabille, je monte sur Bruxelles.

La musique qui m’accompagne le temps de m’y rendre, c’est REM, P!NK, Garbage, Courtney Love, Nirvana. Que du bon. De quoi me galvaniser pour que je tienne la charge jusqu’à la Sister’s House.

On y est. Mais il n’y a personne. La porte est fermée. Et le groupe qu’on voit patienter d’habitude sur le pas de porte n’est plus là. Il est 23h il faut dire. Mais je suis inquiet. Ou est L?

Je tourne. En rond. Et soudain, au détour d’une station essence, dans un coin, elles sont là. L et deux copines. Je m’arrête, on rit, on échange, les présentations sont faites, elles montent toutes les trois.

Nous aurons le temps d’échanger trois mots avec L sur ses intentions. Elle est effectivement blessées en tombant d’un camion (?!). Sa jambe est gonflée et les hématomes sont nombreux. Elle tousse aussi. H et M sont mal en point également. Mais les échanges avec elles deux sont limités. L est assise à côté de moi. Et nous roulons.

Très vite, je me rends compte que Fabrice Tonnellier est nécessaire pour les 45 minutes de trajet qu’il me faut pour aller de la SH jusque chez nous. Et il ne faut pas trois minutes pour que dans la voiture, les trois minettes piquent du nez et commencent à roupiller.

Elle est bizarre cette réalité. Elle met en permanence dans la balance des moments volés et envolés, en opposition à cette cruelle réalité qui nous débecte au quotidien.

La seule chose qui m’apaise, c’est de me rendre compte que VNous sommes de plus en plus nombreux à franchir le pas et à tendre la main aux autres. Pour le meilleur!

Et… vous savez quoi? Nos amies fêtent leur Noël aujourd’hui. Du coup, demain, on fera la fête une fois de plus, ensemble…

La vie reste belle. Il suffit de la voir de cette manière. Pas vrai?