Et tu n’oses pas l’annoncer toi même…

Et puis soudain… tu te rends compte que le patient demandeur d’asile assis en face de toi dans ton cabinet, est celui dont il est question dans le message arrivé il y a 15’…
Ce SMS qui te remerciait pour ton accompagnement en t’annonçant que le patient avait enfin reçu une décision positive de protection de la Belgique !
Et tu te rends compte que le patient est là devant toi et qu’il n’en a pas encore été informé !
Et tu n’oses pas l’annoncer toi même…
Tu te sens gêné…
Tu doutes un peu… Tu as besoin d’être sur et certain…
Tu vas relire le SMS…
Tu appelles sa personne de confiance qui t’a envoyé le SMS, et tu lui annonces que son protégé est justement assis en face de toi…
Tu t’entends lui proposer de lui annoncer elle même la bonne nouvelle…
Tu tends ton téléphone à ton patient… et tu te réjouis avec gratitude d’être le témoin de ce moment béni…

Les premières vagues d’émotions passées, le patient te remercie de lui avoir permis de tenir le coup, de l’avoir aidé à guérir de ses blessures dans son coeur et apaiser son esprit pour répondre aux questions tellement précises du CGRA,..
Tu reçois toute une série de « sans vous tout ça n’aurait pas été possible… » « merci, merci merci… » « je ne vous oublierai jamais… » « je veux revenir vous voir quand même… » …
Et bien que tu sois conscient que tu n’es qu’une des conditions qui ont participé à ce que cette fin positive se produise, tu essayes de recevoir la gratitude de ton patient, de t’en nourrir, de t’en réjouir… car le patient suivant va bientôt arriver, et … ce n’est pas toujours la même histoire…
Mais pas trop vite, je vais encore me réjouir un peu de cette histoire ci !
🙏