Il s’appelle Tamu. Pas T. Mais Tamu.

Le premier soir, en octobre 2017, je n’ai pas vu ses yeux.

Z. (qui, lui, est toujours Z.) parlait pour 2. Il a bu sa bière en semblant ne pas écouter et en pianotant sur son smartphone.

C’était notre tout tout premier hébergement et on ne savait pas trop comment se comporter alors on a bu une bière avec eux en papotant. J’avais préparé un panier de fruits et de biscuits, le lit était prêt, avec une serviette propre. Et le surlendemain, raffle au parc et il m’appelle, en courant. Je fonce le chercher. Mais ça je vous l’ai déjà raconté. C’est là qu’il est devenu mon Tamu. Et c’est là que je suis devenue son Isssapelle.

Ca lui a pris treize mois pour réussir à passer. Treize mois de haut et de bas. Largement suffisant pour que toute la famille s’attache à lui, les enfant si heureux de le voir à la sortie de l’école et inquiets pour lui lors de son ‘séjour’ au 127bis, Thierry et moi devant la TV avec Tamu entre nous qui interromp notre film toutes les 7 minutes pour nous montrer un truc sur son smartphone: on a eu la période chanson erythréenne (mon dieu …les clips ….), puis le guérisseur qui fait des miracle, les publications politiques de ‘colonel’, ma période préférée ( 😉 ) ayant été la période match de catch qui le faisait mourir de rire…. Tous les soirs (sauf ceux en chance bien sur) il venait souper avec nous en famille et noyait son repas sous la mayo et la spicy sauce (avec une petite préférence pour la Sriracha Thaï dont les actions ont dû monter en 2018 vu notre consommation). Tous les matins de retour de chance, on se croisait dans l’escalier. Un hug, un gros dodo. Et j’essayais de le faire manger avant de repartir, il maigrissait à vue d’oeil. Tamu, ne parlait pas anglais. Croyez moi ou non, c’est étonnant ce qu’on peut se dire même sans parler la même langue. Une fois là-bas, le contact se maintient, moins souvent qu’avec Z qui m’appelle 2x par semaine. Je suis heureuse qu’il trouve ses marques à Londres, quand il m’appelle il a des choses à raconter, on a de chouettes conversations, son anglais s’améliore, ça aide. Il nous envoie G., son amoureuse rencontrée en route. Elle reste à la maison quelques mois, le temps de passer, elle aussi et maintenant je reçois des photos d’eux 2 avec un ballon en forme de coeur.

La semaine passée je m’inquiétais que la date de son interview ne soit pas encore fixée, 9 mois après son arrivée. Mais j’aurais pas dû m’inquiéter. Tamu il est fort. Tamu il est sage et résilient. Tamu a récupéré un prénom.

New life, Day 1. Tamu a des papiers.