Ta fatigue, il la ressent. Sans la comparer à la sienne. Sans même la juger….

Témoignage d’une colibri collabo…..

« Un réfugié n’est pas dangereux, un réfugié est en danger ».
Ce soir, plus que jamais.
Forte de quelques humbles expériences, je peux désormais confirmer et compléter ce slogan.

Un réfugié n’est pas dangereux, il est en danger.
Il l’était avant son voyage, l’a été pendant son voyage et l’est encore maintenant, alors qu’on cherche à l’expulser.
Un réfugié est un être humain, et de ce fait concerné par la convention des Droits de l’Homme.
Un réfugié doit être protégé.

Un réfugié n’est pas effrayant, il est effrayé.
Un réfugié est un être humain. Quand tu l’emmènes à des kilomètres de la capitale, au beau milieu de la nuit, et qu’il atterrit dans ton bled, il en mène pas large.
Mais comme toi, il a choisi de faire confiance.
Et si ses couleurs sombres qui lui assurent la discrétion lui donnent aussi un air de caillera, alors qu’il attend dans la froideur du Parc, une fois au contact de la chaleur, un réfugié, c’est une vraie petite licorne. Oui parce que « ça » rit, un réfugié, « ça » plaisante, « ça » se fout de ta tronche. Le fun n’est pas l’apanage de l’Occident.

Un réfugié n’est pas sale, il porte des vêtements plus propres que les miens.
Lavés avec amour par d’autres familles, ils sentent bon la lessive et le sable chaud.
Un réfugié est un être humain. Et a donc une forte propension, comme toi, à ne pas aimer shlinguer. Souvent, il se laissera aller à un brin de coquetterie. Ca a de la dignité, un réfugié. Souvent aussi, il fera son lit, la vaisselle, le ménage. De son propre chef et sans attendre un merci.

Oui parce qu’un réfugié n’est pas un ingrat, pas plus qu’il n’est pique-assiette.
Il est un être humain. La gêne, il connaît. La fierté, il connaît. Et l’empathie, aussi. Ta fatigue, il la ressent. Sans la comparer à la sienne. Sans même la juger. Alors, souvent, son aide, il te propose. S’il aime ça, il cuisinera. Le soir où t’as pas le courage de sortir l’épluche-patate, il te concoctera un plat de chez lui à se rouler par terre.

Un réfugié n’est pas un voleur. Il voyage léger. Quand bien même il aurait des tendances chapardeuses, pourquoi s’encombrerait-il de ton écran plat ou de ton IMac ?
Un réfugié est un être humain, est donc doté d’intelligence. Il n’est pas débile profond.
Il prendra par contre soin de son téléphone, seul truc qu’il ait trouvé pour rester en contact avec ses proches devenus lointains. Il squattera un peu ton wi-fi, aussi. C’est pratique, le wi-fi.

Un réfugié n’est pas pauvre pour autant.
Il est un être humain. Et tant qu’à être gnangnan : il est riche de ses voyages et de ses rencontres.

De ce fait, un réfugié n’est pas inculte ou ignorant.
Il est un être humain. Il est curieux, aime apprendre et s’enrichir de l’autre.
Il parle souvent plusieurs langues, il a beaucoup voyagé et le vivre-ensemble, je te promets, il connaît. Il respecte ta religion, si t’en as une, il te respecte aussi sans religion. Il respecte tes habitudes, tes manies et tes marottes.

Un réfugié n’est pas non plus violeur. Il chérira tes enfants comme les siens et, peut-être sans le savoir, leur ouvrira les horizons.
Il est un être humain. Il a une famille, qu’il a souvent laissée au pays, ou qu’il tente de rejoindre Outre-Manche. Aimer les siens, ce n’est pas un truc d’Européens.

Un réfugié, enfin, n’est pas un terroriste. Mais n’a parfois pas d’autre choix que de fuir ceux qui anéantissent son pays et qui, comme toi, le terrifient.
Il est un être humain. Il a des projets, des objectifs et des rêves.

Ce soir, je te propose de l’aider à les réaliser, en l’éloignant du danger.
Ce soir, si tu accueillais un être humain?