Mais désormais, ils ne sont plus seuls. Ils vous ont vnous.

Il y a moins de quatre mois, un jeune garçon dans la même situation que l’ami de C. V. , âgé de 17 ans mais requalifié en majeur, venait d’obtenir son statut de réfugié.

Il avait deux mois pour trouver un toit. Toit qui conditionne l’accès à l’aide financière du CPAS. Pas de toit, pas d’aide. Il s’est mis à arpenter Bruxelles. Tous les jours. Toutes les rues. A lire les petites annonces. Toutes les petites annonces. A téléphoner. A barrer l’une après l’autre les annonces. Toutes les annonces.

En deux mois, il n’a pas trouvé de toit mais il a appris qu’il est impossible de trouver un toit quand on est jeune, quand on est noir, quand on est réfugié. Quand on est seul.

Un jour, on l’a prié de quitter le centre et de s’en aller. Le délai était dépassé. Il lui a fallu 15 jours d’errance dans les rues pour trouver le parc et les familles. Y croire. Accepter de se faire loger par l’un de ces Belges qui ne lui souriaient pourtant pas dans le tram.

Au bout de deux mois, une famille lui a proposé de poser son absence de bagage dans leur maison. Pour de bon. Aujourd’hui, il va à l’école.

Il reste du pain sur la planche, les amis. Et nous n’avons pas fini de nous lever contre l’indignité. Mais désormais, ils ne sont plus seuls. Ils vous ont vnous.

Et ca change tout.