C’est finalement simple de faire une petite place chez soi, de faire une petite place dans son emploi du temps chargé. Il suffit de le vouloir.

Les témoignages, d’habitude, c’est pas trop mon truc. Mais ce matin, je sens que c’est nécessaire. Nous sommes une famille avec deux petits enfants de 2 et 4 ans, nous travaillons tous les deux, le rythme est chargé entre le boulot les enfants, l’école, la crèche. Le week-end, finalement c’est chargé aussi, entre les sorties, le parc, les amis qui passent… Cela faisait longtemps qu’on en avait marre de voir cette inaction politique à tous les niveaux (européen, national, local) pour les réfugiés. Comme si ces personnes n’étaient pas des humains, comme si leur conditions de vie indignes dans nos pays, c’était leur problème et pas le nôtre. Je vous passe mes réflexions sur le sujet, ça prendrait trop longtemps…

Ce que je voulais dire ici, c’est que finalement nous avons une chance incroyable que la Plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés Bruxelles existe, et surtout que des personnes comme Adriana Costa Santos, Yoon Daix et tous les autres bien sûr, mettent toute leur énergie pour nous simplifier la tâche, pour organiser ces hébergements, pour nous donner la chance à nous de pouvoir nous impliquer, alors qu’on se sent si impuissant à faire bouger les choses parfois.

C’est finalement simple de faire une petite place chez soi, de faire une petite place dans son emploi du temps chargé. Il suffit de le vouloir. C’est ce que disait une autre personne du groupe, il suffit d’avoir « une bonne volonté ».

Je n’y croyais pas au départ, je me suis dit: on se lance dans un truc qu’on n’arrivera peut-être pas à gérer, et les petits, que vont-ils penser, comment vont-ils réagir? Ceci en plus de toutes les questions plus pratiques et terre-à-terre (il faut leur faire à manger? comment ils repartent de chez nous? est-ce qu’on doit les garder chez nous la journée alors qu’on n’est pas là?). Ces dernières questions pratiques, ce sont les bénévoles qui y répondent, le plus simplement du monde! Déjà quelques soucis en moins. Et ensuite il nous reste quoi? Déplier le canapé, et… attendre de voir comment ça se passe!

Et en fait, ben ça se passe bien!

Pour faire un petit retour sur notre expérience depuis 3 semaines, où nous avons accueilli 5 fois, dont une fois 1 week-end entier, je ne vais pas vous dire que nous nous sommes fait des amis de toujours, ni que les échanges ont été riches et intenses. Ce serait vous mentir. La communication est souvent très basique, quelques mots d’anglais, un peu de ‘google translate’ quand c’est nécessaire. Des sourires, de la gêne, des échanges rigolos avec les enfants, du respect, des matchs de foot sur la console. Voilà ce que nous avons eu. Mais en fait, on ne demandait rien, on n’attendait rien. On ne fait pas cela pour avoir quelque-chose en retour, si? On fait cela parce que ça nous parait évident, et parce que nous en avons la possibilité. 

Et je pense que dans les 6000 personnes de ce groupe, nombreux sont ceux qui ont la possibilité d’accueillir.

Encore une fois, cela ne demande pas d’efforts, juste une volonté. Le reste en découle, naturellement.

Nous avons décidé de ne pas accueillir tous les soirs, nous avons des activités, du sport, des sorties. Et c’est le cas de tout le monde, même des indéfectibles bénévoles, les supers héros qui tous les soirs, sont inlassablement au poste, sous la pluie, dans le froid. 

Mais donc si plus de familles accueillaient régulièrement, si plus de gens faisaient de temps en temps un petit peu de place dans leur emploi du temps, un peu de place chez eux, on pourrait réussir un roulement, qui ferait que les soirées comme hier, où certains restent dormir dehors, ne se produiraient plus.